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1er octobre
• « Séraphine », de Martin Provost
Qui connaît Séraphine Louis, femme de ménage à Senlis et peintre ? Ses tableaux sont dispersés dans les musées français. Une exposition lui sera consacrée cet hiver au musée Maillol. C’est Yolande Moreau – admirable – qui interprète ce personnage allumé (mystique) du début du XXe siècle dont l’œuvre est comparée à celle du douanier Rousseau (17/20).
• « Harcelés », de Neil LaBute
Dans une banlieue de Los Angeles, un flic noir harcèle ses voisins, un jeune couple mixte. Ce triller infernal harcèle aussi le spectateur (16/20).
• « Appaloosa », d’Ed Harris
Un western classique, superbement interprété, avec une intrigue suffisamment intrigante pour vous scotcher deux heures devant un écran (15/20).
• « Go Fast », d’Olivier Van Hoofstadt
Les Go Fast sont des bolides lancés sur les routes pour convoyer de la drogue. Un flic surentraîné (Roschdy Zem) infiltre un de ces réseaux au risque de sa vie. Ce formidable triller ne laisse pas une seconde le spectateur en repos (14/20).
• « Cliente », de Josiane Balasko
Sujet scabreux et réalisation sans faille : la réalisatrice de « Gazon maudit » replonge avec entrain dans les délires et délices féminins. C’est Nathalie Baye qui s’y colle, femme de tête solitaire qui se paie régulièrement un gigolo. Jusqu’au jour où elle tombe sur un homme différent (14/20).
• « Vinyan », de Fabrice du Welz
A la recherche de son enfant disparu dans le tsunami, Emmanuelle Béart est allée se perdre dans la jungle birmane. Le film aussi (9/20).
• Pas vus : « De la guerre », « Une histoire de famille ».
• Louis Garrel, acteur dans le film de Philippe Garrel, son père, « La frontière de l’aube », odieusement sifflé à la séance de presse du festival de Cannes (sortie le 8 octobre, 14/20) :
« Cannes, c’est “Les auditeurs ont la parole”. Comme ils savent qu’ils sont écoutés… Ce qui est angoissant à Cannes, c’est que c’est un spectacle en soi. Nathalie Baye m’a raconté que “La chambre verte” de Truffaut avait été accueilli avec des huées, et que maintenant, les gens lui parlent du film avec des sanglots dans la voix. En même temps, ce n’est pas parce qu’Antonioni a été hué que tu es Antonioni quand tu es hué ! Etre cinéaste, c’est quand même se réveiller tous les matins en se disant : “Je ne suis ni Godard ni Rosselini”. Que les choses basculent de la fabrication à l’art, c’est très difficile. Il y a une porte d’accès qui mène au fleuve, mais comment la trouver ? C’est pour ça que mon père continue à me fasciner. J’ai beau être là de la première goutte d’encre sur la feuille blanche à la coupe finale, il y a un endroit où je ne comprends pas comment il fait pour qu’il y ait une onde qui se dégage du film. Il y a un secret. Je suis allé voir “Batman – The Dark Knight”. Dans ce film, il y a trop de bruit, je suis sorti au bout de deux heures [le film dure 2 h 30]. Je n’ai rien compris, même si je l’ai trouvé techniquement fascinant. Le seul endroit où j’ai eu accès au film, aux sentiments, c’était par l’acteur qui joue le Joker [Heath Ledger]. Je trouve ça fantastique qu’au cœur d’une si grosse machine, ce n’était plus les effets spéciaux ni les flammes qui comptaient, mais un homme et sa construction d’un personnage. Le terme de “cinéma commercial” ne me dérange pas. Récemment, j’ai vu “La Gifle” de Claude Pinoteau, qui est vraiment fait comme un film dit commercial, et j’ai adoré. La relation Adjani/Ventura est très belle. »
(Propos piqués dans « Les Inrockuptibles »)
17 septembre
• « Parlez-moi de la pluie », d’Agnès Jaoui
Le duo Bacri-Joaui s’enrichit d’un troisième larron, Jamel Debbouze, qui joue formidablement un cinéaste débutant plein d’avenir et de complexes. Bacri est pas mal non plus en documentariste raté. Et Jaoui incarne une femme politique qui fait penser à Ségolène Royal (15/20).
• « C’est dur d’être aimé par des cons », de Daniel Leconte
Le procès de « Charlie-Hebdo » qui avait publié des caricatures anti-islamistes est reconstitué dans un documentaire assez passionnant sur le thème de la laïcité en France (14/20).
• « Coup de foudre à Rhode Island », de Peter Hedges
Une histoire romantique comme en tournent sans pudeur les Américains. Ça marche parce qu’il y a Juliette Binoche (13/20).
• « La belle personne », de Christophe Honoré
Ces chassé croisé amoureux au Quartier Latin n’atteignent pas l’intensité des films précédents de Christophe Honoré, « Dans Paris » et « Les chansons d’amour ». C’est une petite déception (13/20).
• « 20 minutes de bonheur »
Un documentaire poussif sur une émission de TF1 aujourd’hui disparue de Bataille et Fontaine, « Il n’y a que la vérité qui compte » (10/20).
Pas vus : « Obscénité et vertu », « la vie devant ses yeux ».
24 septembre
• « Faubourg 36 », de Christophe Barratier
Le réalisateur des « Choristes » poursuit ses aventures musicales (il a une formation pointue de musicien) avec une évocation du Front Populaire qui a emballé les récents festivals de Toronto et de Montréal. C’est à la fois superbe et figé comme une carte postale (15/20).
• « Entre les murs », de Laurent Cantet
Palme d’or surgonflée à Cannes, « Entre les murs » met en scène un prof de collège interprété par François Begaudeau, ex-prof lui-même, écrivain et auteur du livre qui a donné naissance au film. L’histoire est réaliste, le prof aussi, avec juste ce qu’il faut de mépris masqué face à des élèves en souffrance parfois, en demande toujours (14/20).
• « L’homme de Londres », de Béla Tarr
Ce film esthétiquement audacieux, en noir et blanc et avec des plans fixes interminables, a été copieusement sifflé au dernier festival de Cannes. Librement adapté d’un roman de Simenon dont on ne reconnaît rien, il déroute le spectateur par des propositions étonnantes comme ces longues minutes d’écran noir… (10/20).
Mesrine et Coluche
• « L’instinct de mort » (sortie le 22 octobre, 14/20) et « L’ennemi public n° 1 » (sortie le 19 novembre, 14/20) se regardent comme de bons polars ultra violents à l’image du personnage, Jacques Mesrine, qu’ils racontent.
• « Coluche, l’histoire d’un mec » (sortie le 15 octobre, 13/20) se concentre sur le moment où le comique fut candidat à la présidence de la république en 1980. François-Xavier Demaison, le comédien interprétant Coluche, ne lui ressemble pas. Erreur de casting ?
Dassault, Jeambar et Mahomet
Par solidarité avec les confrères danois, quelques journaux français avaient diffusé leurs caricatures anti-islamistes. Le lendemain de la publication dans « France Soir », le directeur était viré. Quand « Charlie Hebdo » décida de les publier, avec, en couverture, un dessin de Cabu représentant Mahomet qui déclarait : « C’est dur d’être aimé par des cons », à propos des intégristes, la Mosquée de Paris, la Ligue Islamique Mondiale et l’Union des organisations Islamiques de France attaquèrent le journal en justice. « L’Express » à son tour entra dans la danse, et c’est là que se joua un épisode haut en couleur, comme l’a raconté au procès Denis Jeambar, le directeur de l’époque, repris devant la caméra de Daniel Leconte dans son documentaire. Alors que l’hebdomadaire roulait sur les rotatives, un collaborateur de Serge Dassault demanda à Jeambar d’appeler l’avionneur chez lui, ce qu’il fit. « J’espère que vous ne publiez pas les caricatures », lui dit Dassault. Si fait. Un dialogue serré s’engagea entre le directeur de « L’Express » et son propriétaire qui devait se rendre en Arabie Saoudite la semaine suivante. Jeambar tint bond, mettant en avant le risque d’un énorme ramdam médiatique si « L’Express » ne paraissait pas. Dassault recula. Jeambar, devenu depuis patron des éditions du Seuil, souligne que Dassault s’est, par la suite, débarrassé de l’hebdomadaire en le vendant à un groupe belge.
Sorties du 3 septembre
• « Comme les autres », de Vincent Garenq
Un pédiatre (Lambert Wilson) rêve d’avoir un enfant. Problème : il est homo et son compagnon (Pascal Elbé) ne partage pas ce rêve. Quand le beau médecin se lance dans l’adoption, ses ennuis commencent. Cette adorable comédie aborde tous les aspects d’une paternité compliquée. (17/20)
• « Le sel de la mer », d’Anne-Marie Jacir
Une new-yorkaise dont les parents ont fui leur village au moment de la naissance d’Israël décide de revenir à Ramallah. Elle rencontre un jeune Palestinien qui, lui, ne songe qu’à partir. Malgré les chek point et les interdits, les deux amis vont s’appliquer à découvrir le pays de leurs ancêtres. (15/20)
• « Intrusions », d’Emmanuel Bourdieu
Une jeune bourgeoise enceinte se laisse marier à un employé de son père et voit son intimité bouleversée. Malgré les prestations de Natacha Régnier, Denis Podalydès, Amira Casar et Jacques Weber, on perçoit mal les intentions du réalisateur qui a remonté son film cet été. (11/20)
Pas vus : « Martyrs », « Inju, la bête de l’ombre », « Troupe d’élite ».
Sorties du 10 septembre
• « Mamma mia ! Le film », de Phyllida Lloyd
Les airs du groupe Abba en comédie musicale font un spectacle nostalgique et dynamique, avec Meryl Streep, Pierce Brosnan, Colin Firth… (15/20)
• « Café de los maestros », de Miguel Kohan
Ce documentaire musical fait revivre la belle époque du tango argentin avec sa musique aux très riches harmonies. (13/20)
• « La possibilité d’une île », de Michel Houellebecq
Le livre de Houellebecq adapté par Houellebecq ne fonctionne pas au cinéma. (12/20)
• « Rumba », de Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy
Une parenté certaine avec Chaplin, Buster Keaton et Jacques Tati dans ce film quasi sans paroles aux gags visuels recherchés. (12/20)
• « Jar City », de Baltasar Kormakur
Un sombre polar à l’intrigue aussi noire que les nuits islandaises. (12/20)
• « Les cendres du temps (redux) », de Wong Kar Wai
Le cinéaste de « In the mood for love » a remonté cet ancien film qui ne méritait pas une nouvelle sortie. (11/20)
• « Dans la ville de Sylvia », de José Luis Guerin
Une fille et une ville (Strasbourg). Les deux sont beaux. Quant à l’intrigue… (10/20)
Pas vus : « Mirrors », « Max la menace », « Cherry Blossoms, un rêve japonais », « Si Mohand U M’hand, l’insoumis », « Un été avec coco ».
Sorties du 27 août
• « Be happy », de Mike Leigh
Magnifique portrait d’une institutrice londonienne par le réalisateur de la palme d’or cannoise, « Secrets et mensonges ». (16/20)
• « Le silence de Lorna », de Jean-Pierre et Luc Dardenne
Le savoir-faire des frères belges dans une histoire de détresse. (15/20)
Sorties du 20 août
• « Babylon A.D. », de Mathieu Kassowitz
Un film d’action et d’anticipation aussi réussi que « Blade runner ». (16/20)
• « La fille de Monaco », d’Anne Fontaine
La fin est bâclée mais le reste est plutôt amusant. (15/20)
• « Back soon », de Solveig Anspach
Un portable bouffé par une oie et autres réjouissances islandaises. Par l’auteur de « Hauts les cœurs ! ». (14/20)
• « Woman on the beach », de Hong Sang-soo
Les errements amoureux du Rohmer coréen qui filme plus vite que son ombre. (13/20)
La possibilité d’un bide : pour en finir avec les écrivains qui font leur cinéma
C’était sûrement l’un des films les plus attendus de la rentrée. Attendu au coin du bois. « La possibilité d’une île », de Michel Houellebecq avait déjà été présenté au festival très cinéphilique de Locarno début août d’où l’envoyée spéciale du « Figaro » évoquait la possibilité du « bide de la rentrée ». Dès la toute première projection de presse à Paris, le 23 juillet, il y avait de l’électricité dans la salle bondée et quelques ricanements au cours des une heure vingt-cinq minutes que dure le film. « Le fait est que je suis sincèrement haï par quasiment tout ce qui est culturel en France », constatait Michel Houellebecq dans l’interview du dossier de presse, devançant ainsi toute critique. Pourtant de bonnes fées et de bons princes se sont penchés sur ce film adapté du best-seller du même nom disponible en livre de poche. A commencer par Benoît Magimel, rencontré grâce à l’agent de Houellebecq, François Samuelson, lors d’une avant-première des « Chevaliers du ciel ». « Il était venu me saluer très simplement, m’expliquant qu’il avait passé un agréable moment, se souvient l’acteur. Il m’a donné l’impression d’être en réflexion à chaque instant, chaque mot prononcé était pesé et réfléchi. Il prend le temps, même pour un simple “Comment allez-vous ?”. Il se sonde lui-même avant de répondre qu’il va bien. » C’est sans doute plus tard que les difficultés sont arrivées, puisque le comédien poursuit : « Michel ne se rendait pas tout le temps compte de la difficulté à transposer l’écriture en images. Toute l’équipe technique et chacun des acteurs se voulaient à son service, pour lui permettre de faire le film qu’il souhaitait. Nous avancions parfois sans savoir… » Le flirt de Houellebecq avec le cinéma ne date pas d’hier puisqu’il fut étudiant à l’institut Lumière. Il a co-écrit le scénario de son premier roman « Extension du domaine de la lutte », tourné en 1998 par Philippe Harel avec José Garcia dans le rôle principal. Il aurait bien continué avec le roman suivant, « Les particules élémentaires », mais c’est le cinéaste allemand Oskar Roehler qui a soufflé les droits du livre à Harel. Houellebecq, qui a aussi réalisé trois court métrages en 1978, 1982 et 2001, était passé en 2004 chez Fayard après que son agent ait négocié un couplage roman-film pour « La possibilité d’une île » alors en écriture. C’est la filiale audiovisuelle de Hachette, GMT Productions, qui devait financer le film. Mais en avril 2006, son PDG, Jean-Pierre Guérin, jetait l’éponge face aux exigences de l’écrivain qui ne voulait pas changer une virgule au scénario. Et c’est Mandarins Films, producteur de « Brice de Nice », « OSS 117 » et « Les chevaliers du ciel » qui récupéra le bébé. « La possibilité d’une île » agite des propos sur le clonage et l’éternité de l’homme. Avec deux personnages principaux, un gourou qui fait songer à Raël, et son fils Daniel qui va connaître grâce au clonage une sorte d’immortalité. A l’actif du film, des paysages étonnants de fin du monde. Au passif, un bric à brac de décor de science-fiction digne des « Fantomas » des années 60. Et une intrigue exsangue comparée au foisonnement du roman. « Je pense que j’ai fait une adaptation fidèle sur le fond, se défend Houellebecq. Avec une grosse bifurcation due à l’acteur Patrick Bauchau qui est beaucoup plus sympathique que Raël, et à la relation père/fils qui est devenue plus présente grâce à la relation de Bauchau et de Magimel qui s’aimaient beaucoup ». Quant à la différence entre le métier d’écrire et celui de filmer, Houellebecq constate qu’il a eu « des conflits de pouvoir énorme ». Avec l’auteur de la musique tonitruante du film, peut-être, puisque l’écrivain confie : « Il a fallu gérer la personne parce que c’est excité ces gens-là ! Ils mettent de la musique partout ! » Et voilà pourquoi, aujourd’hui, il soupire : « C’est pas mal aussi d’écrire… ».
Cinéma
C’est sûrement l’un des films les plus attendus de la rentrée. Attendu au coin du bois. « La possibilité d’une île », de Michel Houellebecq sortira le 10 septembre et va être présenté au festival très cinéphilique de Locarno du 6 au 16 août. Dès la toute première projection de presse à Paris le 23 juillet, il y avait de l’électricité dans la salle bondée et quelques ricanements au cours des une heure vingt-cinq que dure le film. « Le fait est que je suis sincèrement haï par quasiment tout ce qui est culturel en France », constate, navré, Michel Houellebecq dans l’interview du dossier de presse. Pourtant de bonnes fées et de bons princes se sont penchés sur ce film adapté du best-seller du même nom disponible en livre de poche. A commencer par Benoît Magimel, rencontré grâce à l’agent de Houellebecq, François Samuelson, lors d’une avant-première des « Chevaliers du ciel ». « Il était venu me saluer très simplement, m’expliquant qu’il avait passé un agréable moment, se souvient l’acteur. Il m’a donné l’impression d’être en réflexion à chaque instant, chaque mot prononcé était pesé et réfléchi. Il prend le temps, même pour un simple “Comment allez-vous ?”. Il se sonde lui-même avant de répondre qu’il va bien. » C’est sans doute plus tard que les difficultés sont arrivées, puisque le comédien poursuit : « Michel ne se rendait pas tout le temps compte de la difficulté à transposer l’écriture en images. Toute l’équipe technique et chacun des acteurs se voulaient à son service, pour lui permettre de faire le film qu’il souhaitait. Nous avancions parfois sans savoir… »
Le flirt de Houellebecq avec le cinéma ne date pas d’hier puisqu’il fut étudiant à l’institut Lumière. Il a co-écrit le scénario de son premier roman « Extension du domaine de la lutte », tourné en 1998 par Philippe Harel avec José Garcia dans le rôle principal. Il aurait bien continué avec le roman suivant, « Les particules élémentaires », mais c’est le cinéaste allemand Oskar Roehler qui a soufflé les droits du livre à Harel. Houellebecq, qui a aussi réalisé trois court métrages en 1978, 1982 et 2001, était passé en 2004 chez Fayard après que son agent ait négocié un couplage roman-film pour « La possibilité d’une île » alors en écriture. C’est la filiale audiovisuelle de Hachette, GMT Productions, qui devait financer le film. Mais en avril 2006, son PDG, Jean-Pierre Guérin, jetait l’éponge face aux exigences de l’écrivain qui ne voulait pas changer une virgule au scénario. Et c’est Mandarins Films, producteur de « Brice de Nice », « OSS 117 » et « Les chevaliers du ciel » qui récupéra le bébé.
« La possibilité d’une île » agite des propos sur le clonage et l’éternité de l’homme. Avec deux personnages principaux, un gourou qui fait songer à Raël, et son fils Daniel qui va connaître grâce au clonage l’immortalité. A l’actif du film, des paysages étonnants de fin du monde. Au passif, un bric à brac de décor de science fiction digne des « Fantomas » des années 60. « Je pense que j’ai fait une adaptation fidèle sur le fond, explique Houellebecq, avec une grosse bifurcation due à l’acteur Patrick Bauchau qui est beaucoup plus sympathique que Raël, et à la relation père/fils qui est devenue plus présente grâce à la relation de Bauchau et de Magimel qui s’aimaient beaucoup ». Quant à la différence entre le métier d’écrire et celui de filmer, Houllebecq constate qu’il a eu « des conflits de pouvoir énorme ». Avec l’auteur de la musique tonitruante du film peut-être puisque l’écrivain confie : « Il a fallu gérer la personne parce que c’est excité ces gens-là ! Ils mettent de la musique partout ! » Et voilà pourquoi, aujourd’hui, il soupire : « C’est pas mal aussi d’écrire… ». François Quenin